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Bol

Dans le monde concret qui m'entoure, il y a un monde abstrait que je ressens, tissé par la société, la nation, les classes et l'histoire. Dans cette dimension, où les choses semblent bien plus complexes et cruelles.
Dans cette dimenion abstraite, les êtres humains sont empreints d'absurdité et de nervosité. Certains d'entre eux sont déformés, effrayants, violents et sombres, tandis que d'autres sont stupides, cupides et arrogants. Ces individus, qui ont perdu leur humanité et ont été aliénés en tant que Les Démons*, vers où mènent-ils ce monde ? Cela suscite en moi de l'inquiétude et de l'appréhension.

Mes sentiments se rassemblent dans mon esprit, et petit à petit, j'aperçois la silhouette d'une personne mince et fragile tout en me demandant si elle a réellement une tête pour qu'il y ait autant de souffrance dans le monde.
J'ai voulu construire cette « image commune de l'humanité » que je perçois, et l'intégrer dans la forme artistique d'un triptyque pour établir une continuité qui la rendrait vraiment « être » et vivante.

Dans le monde visuel, il y a des figures qui ont un sens pour moi, qui me touchent profondément et que je ne peux pas oublier.
Comme la figure du mendiant de Bruegel au Louvre, avec ses orbites profondes et sa bouche ouverte, le crâne et la lampe allumée chez La Tour, les ânes de Goya, les sculptures grecques anciennes, le blé et le casque de Lüpertz, le canard sans plumes sous le trait de Garouste, et bien sûr, de nombreux exemples enphotographie et au cinéma. Ces figures solides et intemporelles me permettent de comprendre instantanément l'intention de ces artistes.
De même, la figure du bol que j'ai conçu en 2022 est solide à mes yeux et mérite d'être rappelée. C'est pourquoi elle apparaît à plusieurs reprises dans mes oeuvres.

*DOSTOÏEVSKI Fiodor, Les Démons, paru à Saint-Pétersbourg en 1871

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