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Tour de Babel

2025

Dans les mythes, je perçois la condition commune de l’humanité. Ainsi, je souhaite, à travers eux, explorer les cycles de la nature humaine et ses structures spirituelles, afin d’en faire une métaphore contemporaine. Ce que symbolise la Tour de Babel — la tension entre ordre et liberté, le désir humain de tout conquérir, et le cycle récurrent entre ordre et chaos — m’intéresse particulièrement dans cet âge où l’homme se fait dieu. J’essaie d’établir un lien entre l’ancien et le présent, pour que la conscience, l’expérience, les sensations et l’imaginaire individuels rencontrent sur la toile l’histoire, les mythes, la réalité et les prophéties collectives. Ainsi, la création devient une forme d’apparition de l’existence, un pont reliant l’homme aux autres, ainsi qu’au temps et à l’espace.

Manifestation

2024

Après le passage de la « représentation » à la « manifestation », la peinture n’est plus la reproduction du monde extérieur, mais la mise en lumière d’une vérité intérieure — elle passe de l’imitation du monde à la génération d’un autre monde. Détachée de la dépendance à l’image, elle devient la matérialisation des émotions, du rythme et de la conscience ; une manifestation d’énergie. Dès lors, « regarder » ne signifie plus simplement voir, mais vivre un événement pictural. La peinture devient ainsi une manière et un processus de « connaître » et d’« exister » : un chemin de dialogue avec le monde et avec soi-même. Elle retrouve par là même l’autonomie de sa propre vie.

      Danse,Musique et les Quatre Cavaliers

2024

Je cherche à exprimer par la peinture ma perception de la folie, de l’aliénation et de la perte de contrôle propres à l’époque postérieure à 2020. Inspiré par la « peste dansante » de Strasbourg, Le Grand Bouc de Goya et Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse de Dürer, j’ai créé la série « Musique, Danse et les Quatre Cavaliers », en m’appuyant sur les formes plastiques de la Musique et de la Danse de Matisse.

Bol

2023

Dans le monde visuel, certaines figures me touchent profondément : les orbites et la bouche des aveugles dans La Parabole des aveugles de Bruegel, l’âne chez Goya, les sculptures grecques antiques fragmentées, les épis et les casques de Lüpertz, ou encore le canard sans plumes de Galust… Chacune, à sa manière, fait apparaître l’« humain ».

Ces images se sont déposées en moi comme des empreintes spirituelles de l’homme. J’essaie d’enregistrer et de reconstruire cette « figure commune de l’humanité », en l’intégrant dans la structure du triptyque — une forme qui permet d’ouvrir plusieurs perspectives et temporalités, pour que les figures puissent exister dans l’expansion et le contraste.

exister

2024

En 2020, la pandémie m’a forcé à affronter directement la mort et la cupidité. Par la suite, j’ai créé la série Mort et Deuil, au cours de laquelle j’ai compris que la véritable épreuve pour un artiste ne réside pas dans la manière de créer, mais dans la manière d’exister — dans l’équilibre à trouver entre la réalité et l’âme, afin que l’art devienne une façon de coexister avec la vie. Lorsque l’art cesse d’être un moyen de fuite pour devenir une voie de dialogue avec l’existence elle-même, la douleur se transforme en prix de la lucidité. J’ai alors commencé à retirer mon attention du monde extérieur pour explorer l’expérience et la perception intérieures. Je ne demandais plus : quelle est l’apparence du monde ? mais plutôt : comment est-ce que je ressens ce monde, et comment peut-il se manifester dans la création ?

Viande

2019

e veux, par le ressenti, faire se manifester des choses irréelles mais vraies, afin que la création devienne un événement spirituel : rendre visible l’invisible, laisser l’existence elle-même prendre la parole. C’est ainsi qu’est née la série Viande.

Bol et Pain

2019

« L’homme ne vit pas seulement de pain. »

En explorant le thème de la « mutation » humaine, deux figures m’attirent sans cesse : le bol et le pain. J’y vois la racine même de la transformation de l’humanité née de sa propre fragilité.

Gymnastique

2023 ​

 

En raison de mon propre vécu, je me méfie toujours des rituels qui nous font abandonner le soi dans l’émotion pour nous fondre dans le collectif. Face aux sons rythmiques, aux gestes répétitifs, aux émotions exaltées, je ne peux m’empêcher de penser à la biopolitique d’Agamben : lorsque l’être humain s’abandonne aux comportements ritualisés, l’existence elle-même commence à se métamorphoser. J’ai alors commencé à m’intéresser aux postures — empreintes du pouvoir et de la conscience sur le corps — et à interroger la manière dont le pouvoir réécrit silencieusement l’existence humaine au sein de l’extase collective.

Enfants de Pavlov

2019 - 2023 ​

 

Après avoir créé la série Hommes–Bêtes–Fantômes, j’ai voulu comprendre comment, au cours de sa croissance, l’être humain en vient peu à peu à se métamorphoser, à vivre d’une manière qui n’est plus vraiment humaine. C’est ainsi qu’a débuté la série Les Enfants de Pavlov.

L’Homme

2017 - 2020

Deuxième Etre Vivant

2017 - 2022

La Piste

2017 - 2022

Je ne me satisfais plus de la simple reproduction des matières ou des hasards : je ressens le besoin d’explorer une nouvelle manière picturale de rendre mes perceptions du monde. Les formes extérieures sont peu à peu devenues une contrainte ; sur la toile, je cherche désormais à générer activement de nouvelles structures et de nouveaux sens, passant de la représentation du monde à la manière de le regarder. Ainsi, ma création devient un acte de construction et de réflexion : j’essaie d’exprimer, à travers les postures du corps humain, la condition et les émotions de l’homme dans le réel — l’image de l’homme devenant alors un médium porteur de sens.

J’ai vu des troupeaux de porcs oublier l’abattoir qui les attendait de l’autre côté, absorbés par la nourriture — métaphore évidente de l’humanité. L’homme n’est pas si éloigné de l’animal, parfois même il lui est inférieur. Ainsi, la question « Qu’est-ce qu’être humain ? » relie la violence de l’histoire, l’oubli collectif et l’existence individuelle, tout en me faisant voir avec lucidité : l’homme peut devenir bête.

L’absurdité du réel m’a amené à abandonner la “représentation” pour entrer dans le domaine de l’absurde, où les frontières entre l’homme, la bête et le fantôme deviennent floues. L’être humain ne fait que vaciller entre ces trois formes.

La mer rouge

2021 - 2022

Paysage Artificiel

2019

Mémoire commune

2014 — 2023

​Certains événements de 2012 m’ont fait entrevoir pour la première fois un autre monde, de façon encore vague. Par la suite, j’ai commencé à interroger ce monde à travers l’art : quel est-il, et quels en sont les êtres ? En reconstruisant ma compréhension de l’histoire à partir de documents et d’images, j’ai été profondément bouleversé lorsque ces fragments se sont recomposés. Ce choc m’a plongé dans un long silence, auquel j’ai répondu par la peinture. À partir d’images, j’ai intégré le collage et des procédés de “désidentification”, tout en rétablissant un nouvel ordre dans la composition. Durant cette période, je cherchais dans le monde figuratif un appui pour l’existence, tout en aspirant à atteindre une vérité plus profonde.

Exploration

2021

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